S’engager pour la vie !

Vœux perpétuels de 4 anciens élèves

Celui qui s’engage dépose en gage, non pas un objet de valeur auquel il tient plus que tout mais quelque chose d’infiniment plus précieux. S’engager, c’est mettre en gage dans les mains de quelqu’un d’autre ou au service d’une cause sa propre vie, c’est à dire la chose la plus précieuse que l’on possède. C’est déposer sa vie à titre de garantie, comme pour dire : « Je le jure sur ma propre vie, ceci est vrai ». Mais que garantie-t-elle au juste ? Que peut-il exister de si important au point qu’une personne soit capable de mettre en gage toute sa vie ? 

Voici la première raison : la vie éternelle. Lorsque le jeune homme riche voit que le Christ peut combler son existence, il s’adresse lui de cette façon : « Que dois-je faire pour avoir la vie éternelle ? » Ce jeune homme avait compris l’essentiel. Lorsque le Christ appelle un jeune à le suivre c’est pour une mission particulière, qui transcende tous les charismes communautaires ou personnels. Il veut que ses élus soient témoins de la vie éternelle, de cette vie divine qui devrait habiter tous les cœurs. Un jeune qui s’engage dans la vie religieuse crie, à travers sa propre existence, que la vie éternelle est vraie et que, pour en prouver la véracité, il met en gage sa propre existence terrestre. Si l’on dépose un gage, c’est que nous sommes sûrs de ce que nous promettons car nous souhaitons récupérer ce gage. Si le gage que nous déposons n’a pas de valeur, cela veut dire que ce que l’on entend authentifier est vide de sens ou que sa valeur n’est pas très grande. Plus le gage a de la valeur, plus la promesse doit être importante !

Dans l’engagement de la vie religieuse, il y a un paradoxe. En effet, normalement, pendant le temps où un gage est en dépôt, il est normal de vivre avec une certaine anxiété mêlée de repentir car le bien laissé en gage ne nous reviendra que lorsque nous aurons tenu notre promesse. Mais dans la vie religieuse, il en est tout autrement : la vie engagée pour prouver qu’une autre vie existe n’est pas restituée de la même façon. Elle est restituée dans le présent selon les modalités de la vie éternelle, en fonction du degré de la foi ! En cela, le don de soi dans la vie religieuse est un véritable engagement car, idéalement, on souhaite se dégager de cette vie en l’engageant auprès de Dieu de façon définitive, sans possibilité de retour.

Le religieux ne fait rien de très compliqué : il redonne à Dieu ce qui lui appartient. Notre vie est le gage que Dieu dépose dans notre âme comme garantie de son amour. Le religieux, dans son geste de consécration, ne fait rien d’autre que de redonner à Dieu, dans le temps, ce gage pour que les hommes n’oublient pas que leur vie est en dépôt, qu’elle ne leur appartient pas, qu’un jour, ils naîtront définitivement à la vie éternelle.
Père François Garreau, recteur

Nos souvenirs de Méry

J’ai passé trois ans en tant qu’élève à l’école apostolique de l’Immaculée Conception (de 2004 à 2007) où je garde d’excellents souvenirs. C’est d’ailleurs là qu’a commencé une relation plus proche avec le Seigneur, une amitié profonde. Mon plus grand souvenir en tant qu’élève, c’est ma première participation à la Semaine Sainte à Méry. J’ai l’ai véritablement vécue en profondeur et c’est à ce moment là qu’est né mon premier appel. Je garde également un merveilleux souvenir du temps de l’Avent avec les auberges, c’est un moment magique à l’école ! Le P. Bruce, ancien directeur de l’école, a été un véritable soutien spirituel pendant ces années. Je suis revenu à l’école en 2013, pour trois ans, pour suivre un stage apostolique durant lequel j’étais responsable des lycéens et je me souviendrai toujours des bons moments passés avec eux lors des jeux, des activités bricolages et des sorties.
Fr. Melchior Poisson, LC

Lorsque je pense à ma vocation et à ces dernières années, je crois que mes quatre années à Méry ont été les plus joyeuses de ma vie. J’y ai découvert le pouvoir de la prière. Je me rappelle encore un jour où j’étais en train de prier pour une personne qui s’était suicidée. Cette personne était très proche de ma famille. J’ai prié pour elle pendant des jours, et un matin, en ouvrant mon livre de prières, je suis tombé sur une carte postale que ma maman m’avait envoyée, sur laquelle il était écrit en grand MERCI. Pour moi c’était un message du Seigneur me disant que toutes mes prières avaient compté et que cette personne était sauvée. Un autre souvenir marquant fut le jour où je suis devenu candidat. Nous avions reçu nos uniformes des mains du P. Alvaro,LC. C’est l’ultime étape avant le noviciat, et je ne me suis plus senti comme un enfant, c’était véritablement le début d’une nouvelle aventure. Je retiens enfin la période durant laquelle je suis revenu à l’école apostolique, de l’autre côté de la barrière, non plus en tant qu’élève mais pour encadrer les jeunes ! Ce fut une très belle expérience, dure, souvent assez exigeante, et je considère vraiment comme un art le fait de pouvoir accompagner les élèves, être avec eux, apprendre tant de choses sur l’éducation des enfants, des jeunes. C’est l’art de corriger, l’art d’être bon, l’art d’aider, l’art de tout mettre en relation, et je pense que c’est ce dont la société a vraiment besoin aujourd’hui, particulièrement dans les familles. Car lorsque les parents ne possèdent pas cet art de vivre avec les enfants, de leur donner ce dont ils ont besoin, d’exiger mais en même temps d’être bons et de les aimer, et de prouver leur amour pour eux, cela n’aide pas dans la société. J’ai beaucoup appris pendant ces deux années avec les élèves.
Fr. George de La Cotardière, LC

J’ai passé quatre ans à Méry, de la troisième à la terminale de 2003 à 2007. La première fois que je suis allé à Méry, je pensais que j’allais me retrouver dans une école perdue en pleine banlieue, grise, noyée dans le ciment de la région parisienne. Et en fait, j’ai été très agréablement surpris d’arriver à Méry, dans cette école noyée dans un écrin de verdure. J’y ai trouvé une ambiance qui m’a tout de suite plu, et je me suis senti chez moi. C’est lors des exercices spirituels en entrant en classe de seconde que j’ai senti que Dieu m’appelait à devenir prêtre et légionnaire du Christ. Pendant trois années (2013 à 2016), j’ai effectué mon stage apostolique dans cette école. Lors de ce stage, je garderai toujours en mémoire le souvenir de cet élève arrivé en 4e. Il était très indiscipliné, à tel point que nous n’étions pas certain qu’il puisse rester à l’école. Mais en un an, il a complètement changé, il était plus apaisé et c’est alors que j’ai ressenti le rôle fondamental que nous avions en tant qu’encadrants.
Fr. Benoît Terrenoir, LC

J’ai été scolarisé à Méry durant cinq ans en tant que « petit séminariste » de 2002 à 2007 (de l’âge de 12 ans jusqu’à mon bac à 17 ans). Pour moi, c’est magnifique de pouvoir fêter ma profession perpétuelle, mon engagement pour toute la vie dans ce lieu où j’ai tant reçu du Seigneur. Je garde un souvenir ému de ma première année à Méry, et tout spécialement de la Semaine Sainte ; le Triduum pascal était magnifique, j’ai ressenti la proximité du Seigneur. C’est sans doute la première fois que je vivais une retraite de trois jours en silence durant laquelle j’ai pu réellement contempler le Seigneur qui monte sur la croix, qui souffre, qui meurt pour ensuite ressusciter. Je garde également d’excellents souvenirs de tous les moments partagés avec les autres élèves, le sport, les promenades, les activités. J’ai vécu ces cinq années à l’école dans une ambiance familiale de charité. C’est dans cette école que j’ai découvert Jésus comme un ami, et même comme mon meilleur ami.
Fr. Corentin Jarry, LC