La pédagogie, pivot de l’éducation

On a donné le titre de pédagogue au Christ. On pourrait même l’écrire avec une majuscule. Lui seul a la recette de l’exigence la plus radicale, car il demande d’offrir sa vie, mais avec une délicatesse sans pareille. Lorsque l’antiquité par de pédagogue, il fait référence à celui qui conduit l’enfant de la maison à l’école. C’est en cela que le Christ est véritablement le pédagogue : il nous montre le chemin vers le Père.

Le pédagogue est celui qui connaît le chemin et qui est capable de le refaire avec l’enfant, pour le rassurer et le mener à bon port. Être éducateur c’est, en plus de connaître le chemin, savoir accompagner patiemment, sans brusquerie, mais avec fermeté pour placer l’enfant sur la bonne route. Être éducateur, c’est aussi pouvoir vivre dans l’humilité car c’est vouloir se laisser interpeller par l’enfant. Le pédagogue doit être à même de refaire son propre chemin tous les jours en se laissant questionner par l’enfant. De cette façon, il sera forcé se redemander chaque matin s’il est véritablement en route vers le Père.

P. François Garreau, recteur

Pédagogie

La joie de transmettre

Nous sommes une équipe composée de laïcs et de religieux, tous passionnés par les matières que nous enseignons. Nous souhaitons transmettre à nos élèves nos savoirs et nos valeurs chrétiennes. Nous sommes soucieux de l’épanouissement futur de nos élèves. Pour cela, nous sommes attentifs à chacun d’eux. Nous voulons qu’ils fournissent un travail régulier et rigoureux, et qu’ils aient une attitude charitable.

Notre école accueille des garçons internes ou demi-pensionnaires dès la classe de sixième. Nos élèves sont catholiques ou curieux de découvrir notre religion. Ils reçoivent un enseignement complet dans le respect de nos valeurs chrétiennes. La confiance doit régner au sein de notre établissement et nous mettons tout en œuvre pour cela. Nos internes sont responsables de leurs dortoirs, tous sont responsables de leur salle de classe et des salles communes. Cela permet aux élèves de très vite gagner en autonomie et de devenir des adultes responsables. Nous favorisons aussi l’entraide entre élèves et accordons beaucoup d’importance au respect des autres, camarades et adultes qui travaillent à l’école, et des lieux. À la sortie du collège, nos élèves peuvent s’orienter vers la formation qu’ils souhaitent, lycée général ou professionnel. Pour la section professionnelle, nous les accompagnons pour qu’ils puissent faire des stages et ainsi s’orienter vers une filière qui les intéresse.

Laurent Callot, directeur académique

L’éducation comme vecteur de l’évangélisation

Être professeur et chrétien ne consiste pas seulement à transmettre un savoir académique. C’est aussi apprendre aux élèves qui nous sont confiés à travailler et surtout apprendre que le travail est fécond et peut être source de joie. Le jeu est alors une excellente pédagogie pour réconcilier petits et grands même avec les tâches les plus ardues et les amener petit à petit vers l’excellence. Il permet, même aux plus timides, de s’exprimer et de prendre confiance en soi. Chacun peut trouver un attrait nouveau, éveiller sa curiosité et sa soif d’apprendre. Et pour le professeur, c’est aussi l’occasion de s’émerveiller et de (re)découvrir les élèves sous un autre jour !

Inès d’Ussel (Histoire-Géographie)

S'impliquer avec liberté et rigeur

Je suis attaché à l’exemplarité. Un bon cours est un cours bien préparé, c’est-à-dire que j’arrive pour « faire classe » et non « parler de » en repartant de documentations pédagogiques convenues. Sur le long terme, j’espère retourner une image d’implication, de fidélité, de régularité et de sincérité afin que l’élève se rappelle de moi non pour ma personne (si tant est qu’on se rappelle de moi), mais pour ce qui a été fait et réussi. Donc, un témoignage. Un autre point est que Dieu n’a rien d’évident, au sens, (je précise !) où Dieu ne s’impose pas comme s’imposent les lieux communs, préjugés et idées toutes faites qui étouffent la vérité. J’apprends aux élèves à réfléchir sur des subtilités qui trouvent des solutions claires, voire évidentes, à condition de s’impliquer avec liberté et rigueur : en ce moment en SES, les causes de la délinquance (part de l’individu, part de la société), ou la monnaie unique (avantages et inconvénients). Flaubert dit que là où il n’y a plus de grammaire, il n’y a plus de Dieu : je comprends qu’à ne plus enseigner le rigoureux et le difficile, nous passons à côté du meilleur.

Antoine Giudo (économie)

Aller à la rencontre de la création

J’ai été recrutée lors de ma préparation au mariage, il y a 4 ans. Alors c’était un peu deux «oui» en un. Oui pour enseigner les S.V.T., oui pour travailler dans un cadre où je me sentais unifiée : un environnement porteur que ce soit pour la nature qui nous entoure comme pour l’omniprésence spirituelle. Concrètement, ce que je vie, c’est : Aller à la rencontre de la création en 6e en découvrant la flore du parc, les inviter à la curiosité et la contemplation. Aborder en 4e puis en 1re la sexualité, la difficulté d’être un catholique ferme dans la tempête de la société actuelle et comprendre les enjeux. Étudier en 3e puis en 1re la génétique et l’éthique. Voir que leurs questions précèdent les miennes fait ma joie. Enfin, enseigner en 3e puis en 2de l’évolution avec un regard scientifique, avec un regard critique, avec un regard de foi. Leur apprendre à prendre du recul et à s’approprier leurs idées. Et bien entendu préparer le bac en terminale :-) Alors, chaque jour, je peux redire « oui » à l’enseignement à Méry !

Octavia Van Landeghem (SVT)